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Mes p'tits billets... pas toujours doux !

Ce blog est dédié à mes rencontres, mes passions, et à ma si jolie ville, Albi, coeur d'Occitanie. Pour le plaisir du partage, de l'écriture et peut-être, le vôtre... celui de la lecture !

A demain peut-être.

La vie a repris ses droits, pour mon plus grand bonheur. Ma tante, mon oncle et moi formions une petite famille. Il avait pour moi des attentions touchantes, elle avait sur moi un regard aimant. Je baignais dans une eau douce, claire, enveloppante. J'y étais comme un poisson dans l'eau. Je vivais à nouveau. Ils avaient construit autour de moi un rempart de tendresse, dans lequel je me sentais en sécurité. Le matin, un ami de mon oncle venait me chercher pour aller au collège, me ramenait le soir et je retrouvais mon oncle dans son atelier, avec un bonheur fou. Depuis quelques jours déjà, la voiture et la bâche avaient toutes deux disparues, libérant ainsi une place immense dans mon coeur et dans l'esprit de mon oncle. Il n'avait pas tardé à s'en débarasser. Chaque jour, sa présence plombait l'ambiance heureuse de nos retrouvailles, comme pour nous interdire d'être heureux. A présent, nous pouvions rire sans témoin, définitivement déchargés de ce dernier fardeau. 

Mes frères venaient me rendre visite, m'apportaient des petits cadeaux pas toujours adaptés à mon âge, ni à mes envies ou besoin, mais qu'importe, c'étaient autant de marques d'affection que je recevais à bras le corps, heureuse de leur montrer à quel point j'allais bien désormais.

Le printemps est arrivé avec une bonne nouvelle : Maman allait pouvoir sortir de la clinique. Pas encore de retour à la maison, pour l'heure un séjour en maison de repos était préférable.  Il fallait s'en réjouir. J'allais pouvoir la revoir enfin. Un dimanche après-midi, sous un soleil clinquant, nous sommes partis lui rendre visite. Je ne parvenais pas néanmoins, à imaginer nos retrouvailles. Dans quel état, de quelle humeur serait-elle ? Heureuse de me retrouver ou peinée de constater qu'auprès d'autres j'avais trouvé un nouvel équilibre ?  Sa réaction à notre arrivée m'en a donné la réponse ! Ni l'un, ni l'autre. Une indifférence totale, un regard flou, loitain, un sourire grimaçant. Je lui ai raconté mon quotidien, minimisant mon enthousiasme pour ne pas la heurter. Elle essayait de se hisser hors de sa torpeur, et par moment, me fixait longuement, ses yeux agrippés à mon visage, pour pouvoir accéder à mon nouveau monde. Puis épuisée par cet effort, elle sombrait à nouveau dans une quasi somnolence. Mon oncle a mis fin au suplice, me voyant désemparée. Il a pris ma main doucement, et m'a chuchoté : " laissons-la se reposer, nous reviendrons... "

J'ai embrassé maman sans la réveiller, et nous sommes partis, la laissant en prise à ses rêves, à sa cruelle réalité. Sur le chemin du retour, malgré ma volonté, je me suis laissée emportée par la tristesse. J'ai longuement pleuré. Au dîner, sans appétit, j'ai mangé. Je sentais dans mon fort intérieur la colère gronder. J'en voulais à ma mère de gâcher ainsi mon merveilleux bonheur. V était de retour. V et son égoïsme me prenaient d'assaut. Et dans ma furie autolâtre, je ne pensais qu'à moi et mon foutu bonheur !

J'ai appris durant cette période que mon propre bonheur était assujéti à celui des miens. Je ne pouvais pas être heureuse si ceux que j'aimais ne l'étaient pas. En l'occurence, je ne pouvais l'être actuellement, maman n'étant pas sortie d'affaire. V avait beau me dire de ne pas m'inquiéter, une sorte de lourdeur opressait ma poitrine. J'en connaissais parfaitement l'origine. Le mal, mon mal, était identifié, il portait un nom, il s'appelait maman.

 

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