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Mes p'tits billets... pas toujours doux !

Ce blog est dédié à mes rencontres, mes passions, et à ma si jolie ville, Albi, coeur d'Occitanie. Pour le plaisir du partage, de l'écriture et peut-être, le vôtre... celui de la lecture !

Lettre à Cécile

Lettre à Cécile

Très chère Cécile,

J’ai lu vos lettres comme un boit un bon café,  allongé sur ce lit de misère.  J’ai bu vos mots comme des gorgées de soleil, qui venaient doucement réchauffer ma poitrine. Mon cœur a pris feu ce jour-là. Moi, le soldat dont le courage est  plus étroit que les rue de Naples,  le mérite  lié à l’obligation, je suis celui que vous avez choisi. Comment vous dire ma gratitude, comment vous expliquer votre méprise, comment décrire ma honte quand vos louanges et vos encouragements  soigneusement rédigés, m’arrivent.

J’ai essayé de vous l'ecrire mais ma plume a dévié. Elle se heurte à ma fierté, me parle d'honneur à moi qui devrait vivre l’horreur, et je me laisse aller… je lui cède quelques lignes et voilà qu’elle prend la page. J’abandonne alors, quand sur le champs de bataille, j’imagine votre sourire, vos yeux puissants, votre bouche généreuse me sourire encore. Je me donne alors des airs, un peu plus d’assurance et, ma tendre marraine, je vous écris le mieux de ce que je ne suis pas,  m’assurant ainsi une prompte réponse.

Cette correspondance me donne des ailes, de l’aplomb à défaut de témérité,  je me sens quelques minutes à vos côtés plus que l’homme que je suis. Vous m’élevée, me portez haut... de-là de moi.

Celui que j’ai construit pour vous, ce soldat loyal, courageux, et vertueux me dépasse. Son ombre me suit partout, et quand le soleil se couche, elle pénètre mes rêves pour en faire le pire des cauchemars. J’imagine alors le jour où vous apprendrez que mon champs de bataille est un terrain de jeux. Qu’on n’y attend pas le tir des canons ou des mitrailles, qu’on n’y voit pas nos hommes, décharnés et gémissants salir de leurs presque-cadavres le sol ennemi, que l’odeur du sang mêlée à celle de la poudre, n’a jamais envailli mes narines, mais que je suis mollement assis à côté du commandant des armées,  à observer sans comprendre, à écrire sans décrire, juste un scribouillard bas de gamme, alors vous saurez. Je crains, je hais déjà ce moment où vous me parlerez de trahison, ou vos yeux seront menaçants , emplis de colère et de dédain,  et où je mourrai d’amour et de honte.


Votre photo me dit que vous n’êtes pas grande, que votre corps est frêle, vos cheveux bouclés. Je ne sais si je dois vous trouver jolie. Il est trop tard pour cela... Avant de vous voir un jour, sachez que j’ai aimé chacun de vos mots, choisis, chaleureux, puis tendres et amoureux. J’ai accordé à notre histoire une valeur infinie. Je ne veux pas la voir s’éteindre avec la guerre. Je veux qu’elle aille bien au-delà , qu’elle dépasse les frontières de nos cœurs pour envahir nos deux êtres d’un même feu, et qu’elle nous consume de bonheur. Pour vous espérer encore,  Je vous devais  la vérité. 


Alors, j’ai fait appel cette nuit au grand soldat qui me fait ombre depuis  des jours, je lui ai demandé de me donner du courage, j’ai faire taire ma plume remplie d'encre assassine,  et elle fini, docile,  par écrire ces mots :


« Pardon,  je vous aime tellement. »


Je sais qu’ils sont pour vous... à jamais.

Votre filleul de guerre, 


J.G
 

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